• La barque

     

    La barque

     

    Il gèle et des arbres pâlis de givre clair

    Montent au loin, ainsi que des faisceaux de lune ;

    Au ciel purifié, aucun nuage ; aucune

    Tache sur l’infini silencieux de l’air.

     

    Le fleuve où la lueur des astres se réfracte

    Semble dallé d’acier et maçonné d’argent ;

    Seule une barque est là, qui veille et qui attend,

    Les deux avirons pris dans la glace compacte.

     

    Quel ange ou quel héros les empoignant soudain

    Dispersera ce vaste hiver à coups de rames

    Et conduira la barque en un pays de flammes

    Vers les océans d’or des paradis lointains ?

     

    Ou bien doit-elle attendre à tout jamais son maître,

    Prisonnière du froid et du grand minuit blanc,

    Tandis que des oiseaux libres et flagellant

    Les vents, volent, là-haut, vers les printemps à naître ?

     

    Emile Verhaeren, Les bords de la route


  • Commentaires

    1
    Mardi 15 Décembre 2015 à 10:09

    Coucou bisous du Mardi 

     

    Joli poème gros bisous ma douce 

     

    prends bien soin de toi amitié Mado 

     

     

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